PER obligatoire (PERO) ou PERECO : quel dispositif choisir pour vos salariés ?

PERO ou PERECO : quel dispositif d'épargne retraite pour vos salariés ?

À première vue, le PER obligatoire (PERO) et le PERECO (ex PERCO) poursuivent le même objectif : permettre aux salariés de se constituer une retraite supplémentaire.

Dans les faits, ces deux dispositifs reposent sur des logiques économiques, sociales et RH radicalement différentes, avec des résultats concrets… très inégaux.

Pouvoir d’achat contraint, faible capacité d’épargne, inquiétude croissante sur la retraite : le contexte a profondément changé. Dans ce cadre, tous les dispositifs d’épargne ne se valent plus.

Ici, ce que nous allons vous aider à comprendre, sans jargon inutile :

  • Comment fonctionnent réellement le PERO et le PERECO ?
  • Pourquoi le PERECO est souvent inefficace pour construire une retraite ?
  • En quoi le PERO constitue aujourd’hui un levier stratégique puissant pour l’entreprise ?
  • Comment arbitrer entre ces deux dispositifs selon vos objectifs RH, sociaux et fiscaux ?

 

Un guide signé P-ACX, l’expert en protection sociale et patrimoniale des dirigeants et de leurs salariés.

Mini-sommaire

PERO et PERECO : deux dispositifs d’épargne à la philosophie très distincte

Avant de comparer chiffres et fiscalité, il est essentiel de comprendre sur quoi repose chaque dispositif.

 

Le PERECO : une épargne avant tout volontaire

Le PERECO (Plan d’Épargne Retraite d’Entreprise Collectif) est l’héritier du PERCO.

Son principe est simple :

  • Le salarié verse volontairement (prime, intéressement, participation, versements personnels)
  • L’employeur peut abonder… à condition qu’il y ait un versement du salarié

 

En pratique, cela signifie une chose très claire : pas d’effort d’épargne du salarié = pas d’effort de l’entreprise.

Ce modèle pouvait fonctionner dans un contexte de hausse du pouvoir d’achat. Il devient beaucoup plus fragile dans la réalité actuelle…

 

Le PER obligatoire (PERO) : une retraite financée par l’entreprise

Le PER obligatoire repose sur une logique inverse :

  • Les versements sont effectués par l’employeur,
  • Ils peuvent être pris en charge à 100 %,
  • Le salarié n’a aucun effort d’épargne à fournir,
  • Son salaire net n’est pas impacté.

 

Autrement dit, le PERO ne dépend pas de la capacité d’épargne individuelle du salarié.
Il repose sur une décision stratégique de l’entreprise.

C’est ce point qui change tout.

 

Pourquoi le PERECO fonctionne mal pour construire une retraite ?

Sur le papier donc, le PERECO semble séduisant. Dans la réalité, son efficacité retraite est souvent très limitée.

 

Une dépendance totale à la capacité d’épargne des salariés

Le fonctionnement du PERECO repose sur un présupposé de plus en plus déconnecté du terrain : les salariés auraient une capacité d’épargne régulière et suffisante.

Or, dans la majorité des entreprises que nous rencontrons :

  • Les salaires stagnent,
  • Le coût de la vie augmente,
  • L’inflation rogne le pouvoir d’achat,
  • Le taux de prélèvements sur salaires et primes est déjà élevé.

 

Conséquence directe : les versements volontaires sont faibles, irréguliers, voire inexistants.

Sans versement du salarié, il n’y a pas d’abondement, et sans abondement, le PERECO reste vide… ou marginal.

 

Un arbitrage naturel en faveur du PEE

Lorsqu’un salarié doit choisir où placer une prime ou un intéressement, le réflexe est presque toujours le même :

  • Le PEE, plus liquide,
  • Récupérable à court ou moyen terme,
  • Perçu comme concret et utile.

 

Le PERECO, orienté retraite longue, est relégué au second plan. Ce n’est pas un problème de pédagogie. C’est un arbitrage économique rationnel.

 

Un impact retraite souvent symbolique

Dans de nombreux cas observés sur le terrain, le PERECO représente :

  • 3 à 4 % de revenus de retraite supplémentaires,
  • Parfois moins,
  • Parfois rien du tout, faute de versements…

 

Parler de “retraite supplémentaire” dans ces conditions relève souvent plus de l’affichage RH que d’un levier réel et concret.

 

Pourquoi le PERO change radicalement la donne ?

Le PER obligatoire repose sur une logique bien plus adaptée aux enjeux actuels.

 

Une retraite construite sans effort du salarié

Le PERO permet à l’entreprise :

 

Le salarié n’a rien à arbitrer : la retraite se construit automatiquement. C’est un changement de paradigme fondamental.

 

Un levier puissant de pouvoir d’achat à la retraite

Lorsqu’il est bien calibré, le PERO peut représenter 10 %, 20 %, 30 % et parfois bien davantage de revenus de retraite supplémentaires.

À budget équivalent pour l’entreprise, l’efficacité est sans commune mesure avec :

  • Une augmentation de salaire,
  • Une prime classique,
  • Ou un abondement conditionnel sur PERECO.

 

PERO et PERECO : deux logiques RH opposées

D’un point de vue RH, le PERO et le PERECO répondent également à deux logiques diamétralement opposées.

 

Le PERECO : un dispositif rassurant, mais peu engageant

Le PERECO a des qualités :

  • Il est collectif,
  • Il est connu,
  • Il rassure les services RH,
  • Il donne le sentiment de “faire quelque chose” pour la retraite.

 

Mais il crée rarement :

  • De la projection long terme,
  • De l’attachement à l’entreprise,
  • Un avantage concurrentiel réel en recrutement.

 

Le PERO : un outil de fidélisation stratégique

Quant à lui, le PERO permet à l’entreprise :

  • De fabriquer un revenu différé réel,
  • De cibler des catégories objectives,
  • De sécuriser des postes clés,
  • De construire une promesse sociale crédible.

 

C’est un levier particulièrement puissant pour :

  • Fidéliser des profils stratégiques,
  • Recruter dans un marché tendu,
  • Différencier sa marque employeur autrement que par des “avantages gadgets”.

 

Le ciblage par catégories objectives : un atout clé du PERO

Le droit social permet de définir des catégories objectives de salariés, reposant sur :

  • Le statut (cadres, cadres dirigeants),
  • Le niveau de responsabilité,
  • Le degré d’autonomie,
  • La contribution à la performance et à la pérennité de l’entreprise.

 

Dans ce cadre :

  • Les cadres stratégiques peuvent être ciblés,
  • Les talents rares peuvent être sécurisés,
  • Le dirigeant assimilé salarié (président de SAS, SASU) peut être inclus.

 

Le PERO devient alors un outil de politique sociale, un levier patrimonial et en même temps un instrument d’alignement long terme entre l’entreprise et ses piliers humains.

 

Un avantage fiscal et social majeur pour l’entreprise

Sur le plan économique, le PERO est souvent nettement plus efficace qu’une rémunération classique.

Prenons un exemple concret pour l’illustrer : 1000 € versés par l’employeur sur un PER obligatoire (PERO) dans une PME < 50 salariés.

Hypothèse standard la plus fréquente en pratique : PER obligatoire conforme, exonéré de cotisations sociales URSSAF classiques, mais soumis au forfait social à 16 % + CSG-CRDS.

CAS N°1 : PER obligatoire avec forfait social à 16 % (cas le plus courant)

Base : 1 000 €

  • Forfait social (employeur) : 16 % soit 160 €
  • CSG-CRDS (salarié) : 9,7 % soit 97 €
  • Cotisations sociales URSSAF : 0 € (exonération dans les plafonds légaux, hors CSG-CRDS)

 

Coût total employeur de 1 160 € pour un net investi sur le PER du salarié de 903 €.

CAS N°2 : PER obligatoire avec forfait social à 0 % (plus rare, mais possible)

Toujours pour 1000 € investis :

  • Forfait social : 0 €
  • CSG-CRDS : 97 €

 

Coût total employeur de 1 000 € pour un net investi sur le PER du salarié de 903 €.

La seule charge quasi incompressible : CSG-CRDS = 9,7 %. Le vrai sujet, c’est le forfait social :

  • 16 % dans beaucoup de PER obligatoires
  • 0 % uniquement dans certains montages bien cadrés
  • Zéro cotisation URSSAF classique (maladie, retraite, chômage, etc.)

 

Traduction concrète pour vos dépenses en tant que dirigeant :

  • 1 000 € de salaire brut → coût employeur ≈ 1 420 €
  • 1 000 € en PER obligatoire → coût employeur : 1 160 € (forfait social 16 %) ou 1 000 € (forfait social 0 %).

 

Concrètement, un euro versé sur un PERO va presque intégralement dans la retraite, sans être absorbé par les charges et sans dégrader le net du salarié.

 

PERO ou PERECO : devez-vous vraiment choisir ?

Il ne s’agit pas d’opposer idéologiquement les deux dispositifs.

Le PERECO conserve une utilité pour l’épargne collective, pour les salariés ayant une forte capacité d’épargne et pour certains dirigeants en optimisation personnelle.

Mais en matière de retraite, le PERO est aujourd’hui le seul dispositif :

  • Indépendant de l’épargne volontaire,
  • Pilotable par l’entreprise,
  • Capable de produire un impact réel et mesurable.

 

P-ACX pour accompagner la mise en place d’un PERO dans votre entreprise

Le pouvoir d’achat immédiat est la préoccupation n°1 des Français, la retraite est la n°2.

Le PERO permet de traiter ces deux sujets sans les opposer : pas de baisse de salaire aujourd’hui et une vraie sécurité pour demain.

Chez P-ACX, nous ne considérons pas le PERO comme un simple produit. C’est un outil vivant, qui doit être structuré, paramétré, suivi et ajusté dans le temps

Notre accompagnement dans la mise en place d’un PERO repose sur :

  • L’analyse de vos objectifs RH et sociaux
  • La structuration des catégories objectives
  • L’optimisation fiscale et sociale
  • Le pilotage de la performance dans la durée
  • L’accompagnement individuel des bénéficiaires si nécessaire

 

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